mercredi 11 novembre 2009

MARC LAIME N'AIME PAS LES ECOLES (mais se fait une raison)

A la question, conseillerez-vous d'être journaliste ? Marc Laimé répond:


NON... c'est un métier trop dur, trop dangereux. même si aujourd'hui, les jeunes ont intégré la précarité comme quelque chose de normal, la réalité du métier reste très dure. Le nombre de pigistes augmente tous les jours alors que le nombre d'employés diminue...
Certains pigistes ont réussis à se faire un trou mais leur statut est très précaire. Les contrats même s'ils sont réglementés, ne sont que très peu respectés et si on refuse le contrat, dix personnes derrière nous sont prêtes à le reprendre. pour avoir du boulot, il faut donc accepter mes conditions de l'employeur. De même, il y a toujours des "embêtements" pour avoir droit aux assedics ou à un congé, congé maladie, congé parental... Sans oublier qu'à n'importe quel moment on peut redevenir "rien du tout".  Mais c'est aussi le cas maintenant pour n'importe quel journaliste employé.
Alors il vaut mieux ne pas devenir journaliste à moins de:

- Passer par une école de journalisme car c'est presque indispensable pour trouver un poste aujourd'hui même si ce sont des machines à "écervelage". Il faut garder en tête aussi que ce n'est pas du tout suffisant pour réussir dans le métier.

- Avoir une sécurité: parents riches (et généreux...). C'est en effet plus facile de devenir journaliste si vos parents vous loue un appartement à Paris. Un conjoint qui travaille peut aussi aider.

- Avoir un champ de spécialité sur lequel vous pouvez rebondir. il est préférable aujourd'hui de faire un maximum d'études pour se spécialiser. le thème de la spécialité doit être un choix personnel mais réaliste. il doit pouvoir être utilisé dans plusieurs secteurs (autres que le journalisme) et doit apporter des informations sur le monde d'aujourd'hui. quelques exemples de spécialités utiles: géographie, urbanisme, architecture... Je me suis spécialisé sur le tard au sujet de l'eau mais c'est ce qui m'a permis une vrai évolution dans ma carrière et une vraie reconnaissance. En effet, quand un employeur doit choisir entre des dizaines de CV, il sera attiré par ce qui fait de vous quelqu'un d'unique, par l'avantage que vous avez sur les autres. C'est cette spécialité qui tiendra ce rôle. Ce conseil peut paraître étonnant quand on sait que les médias demandent à leur nouvelles recrues de plus en plus de polyvalence dans leur métier (journaliste, caméraman, monteur... tout en un :-) ) ainsi que d'être capable de sauter d'un sujet à l'autre en quelques heures. Pour autant, il est logique puisque si tous les jeunes journalistes se revendiquent polyvalents, il ne reste plus que la spécialisation pour se démarquer.  de plus, avoir un terrain de prédilection permet au journaliste délusionné de changer de métier.

- enfin, il faut penser à tous les produits dérivés possibles et imaginables qui vous ramènent de l'argent, des contacts et de la reconnaissance: livre, blogs, expositions, conférences, T-shirts...

Si vous suivez ces conseils, alors vous pouvez essayer de vivre du journalisme !


Date de l'entretien:  5 avril 2008  E-mail de Marc laimé: marc@rezo.net


Biographie: Marc Laimé a fait des études de sociologie. suite à l'obtention de sa licence, il dit n'avoir pas eu envie de travailler. A l'occasion d'un piston, il rentre dans une boîte pour faire du rewritting (mise en forme de texte) et rencontre des journalistes. Il commence à piger pour plusieurs journaux et surtout pour le journal "industrie et technique" qui lui apprend à faire des fiches techniques à partir d'énormes dossiers. Les rpemières bases du journalisme (synthètiser) connues, il part 4-5 ans à l'étranger et travaille dans des agences de presse (reuters, AFP et d'autres plus spécialisées). Il traverse le Moyen- Orient, l'Afrique, le Royaume-Uni puis rentre en France.  il y reprend les piges mais cette fois pour "Le Canard Enchaîné", "Le Monde", "Libération" et des magazines scientifiques. "L'autre journal", parution engagée, lui permet de voyager loin à l'étranger et de vivre le vrai mythe du journaliste. malheureusement le journal est racheté plus tard par Hachette. C'est en 1991 que sa carrière prend un tournant. Il commence alors à s'intéresser au secteur de l'eau et ne le quittera plus. Cette thématique sera très reprise par les médias, apportant ainsi beaucoup d'occasions de travail à Marc Laimé. Aujourd'hui, il se définit plus comme un consultant sur ce sujet que comme journaliste même s'il continue à informer régulièrement les lecteurs du blog "Les eaux glacées du calcul égoïste". Il se dit aussi plus engagé qu'autrefois notamment du point de vue de l'environnement. 

2 commentaires:

  1. Les produits dérivés, on en parle de plus en plus! Faut-il vraiment devenir une marque pour que notre travail soit reconnu?

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  2. Pour être reconnu je ne sais pas mais pour gagner assez pour vivre, certainement... Si quand un rédac'chef lis ton nom sur une proposition de pige et qu'il sait qui tu es, je pense qu'il a plus tendance à t'embaucher.

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