vendredi 4 décembre 2009

POURQUOI LES QUOTIDIENS NE SE VENDENT PLUS...



La faute à internet, concurrent au contenu infini et gratuit, ne se lassent de répéter les médias et leurs experts. La faute aussi au désintérêt du public pour ce type de parutions: les lecteurs ne font plus confiance aux journalistes, les jeunes préférent facebook et twitter (et quelques fois Rue89 aussi)... Situation désespérée...

Peut être. Mais les causes de la dégringolade des journaux se trouvent aussi dans les changements apportés à notre vie quotidienne. Ce n'est donc pas tant le paysage médiatique qui a changé mais Nous qui ne sommes plus les mêmes.

Qui a le temps aujourd'hui de lire Le Monde en entier tous les jours ? à part si vous prenez l'avion pour les Etats-unis ? Pour lire Le Monde, en entier, il faut environ 4 heures. Qui a quatre heures par jour à consacrer à la lecture des nouvelles du monde ? (à part ceux qui n'ont pas besoin de travailler)  Le fait est, quand on achète le journal (surtout Le Monde...) on lit rarement tous les articles, on se contente de la titraille et des textes dont les titres nous frappent. Mais alors pourquoi acheter un produit que je ne consommerai pas entièrement puisque le lendemain il sera déjà périmé. Je préfére lire les gratuits qui me font faire le tour de l'actu en...20 minutes ou le journal télévisé devant lequel je peux manger histoire de gagner du temps. En passant relever mes mails, j'en profite pour cliquer sur le lien de Libération ou Rue 89 ou encore du Figaro et faire le tour d'une info claire et courte et gratuite. Bien plus pratique que de devoir passer chez le libraire. Economies de temps et d'argent, et de mouvements.

Nous faisons trop de choses aujourd'hui. Le panel de nos activités s'est amplement élargi spécialement du point de vue des loisirs. Il y a, c'est vrai, les ordinateurs et internet qui font de la concurrence au temps que l'ont pourrait passer à lire le journal. Mais pas seulement parce que les infos sont présentes sur le net gratuitement. Internet est un monde où il y a tant de choses à faire: blogger, tchatter, twitter, poster sur facebook, jouer à des tas de jeux idiots, regarder toutes les séries ou films que l'on veut sans limites... L'ordinateur et l'internet sont "chronivores".  On passe aussi son temps au cinéma, à lire des bouquins, à jouer au foot, à boire avec les amis, à regarder la télé, à bricoler, à planter des graines, à ranger la maison, à s'occuper des enfants, à préparer les repas et à travailler ! le temps accordé à la lecture des journaux en est donc réduit.

Ceux qui prennent les transports en commun ont encore la chance de bénéficier d'un peu de temps pour lire une paire de pages, s'ils ne se retrouvent pas coincé comme des milliers de personnes dans la cohue des transports. Pas pratique d'ailleurs l'abonnement au Monde qui arrive en fin de matinée chez soi avec les nouvelles de l'avant-veille. Même si on demande à le recevoir au bureau, on aura loupé le précieux temps matinal (et franchement lire Le Monde en rentrant, à l'heure de l'édition du nouveau numéro... autant acheter le numéro du soir, non ?)

Solutions pour les quotidiens ? ou devenir des hebdos et continuer à fournir de l'info quotidiennement sur la toile ou réduire la densité de leur page. Libé me semble de ce point de vue un assez bon modèle mais leur site d'info est tout aussi bien et gratuit pour la majeure partie.


N'hésitez pas à réagir ! quelles sont les causes pour vous de la dégringolade des ventes de journaux ? quelles solutions ? En tant que futurs journalistes, il est important que l'on ait une idée d'un modèle viable à développer. Dans lequel on puisse s'épanouir en tant que journaliste et ne pas avoir peur de se faire virer à chaque fin de mois ou de n'être payé que 15 euros le feuillet...

1 commentaire:

  1. Certes, "réduire la densité de leur page" est incontournable. Cependant, l'atout majeur de la plupart des quotidiens payants face aux gratuits, à internet, aux chaînes d'information en continu et à la radio est de fournir une information complète et des enquêtes exhaustives. Alors, plutôt qu'une dégradation de la qualité de l'information, je pense que les quotidiens devraient se tourner vers une spécialisation accrue. Preuve à l'appui, la meilleure santé de journaux tels que Les Echos ou L'Equipe. Ou comment (re)conquérir un public sans négliger la qualité de l'information...

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