lundi 16 décembre 2013

Les journalistes tirent les ficelles

Dans le numéro de décembre de TGV magazine (n°160), Sarah Lemelle interview Romain Duris. L'acteur a un gros à priori (légitime ?) sur le métier de journaliste. L'auteur de l'article a décidé d'en rendre compte et d'éviter de s'inscrire dans la lignée des journalistes qui auraient déformé les propos de la star.

Dans quelle mesure, le journaliste doit-il expliquer à son interviewé l'utilisation qui sera faite de ses propos ? Combien d'interviewés savent qu'un journaliste a pour habitude de reformuler les questions pour son article et de modifier l'ordre des réponses ? Combien savent que le but de ces reformulations est de produire un texte lisible et intéressant et non pas de trahir la pensée de l'interviewé ? Combien de journalistes trahissent intentionnellement ou non les réponses données ?

Morceaux choisis 

Quelle sorte de « talent » faut-il pour vous interviewer ?
Sans vouloir vous mettre la pression, je trouve, en général, les interviews mal écrites. Je ne sais pas si l'exercice est particulièrement difficile —je ne l'ai jamais pratiqué —, mais souvent le résultat est limite. Je ne reconnais que trop rarement mes propos dans la retranscription. 

Et aujourd'hui, avec l'expérience, comment ça se passe ? 
Je connais vos ficelles, à vous, journalistes... J'essaie d'ouvrir un peu la porte quand j'ai envie de me dévoiler, et je la referme quand il faut.

Alors pourquoi avoir demandé à relire cette interview avant sa parution ? Par peur ?
Quand je trouve, dans une interview, une phrase que je n'ai pas dite ou qui a été transformée, que puis-je y faire ? On répond à des questions précises que les journalistes ne retranscrivent pas forcément, et on se retrouve à avoir l'air ridicule... Voilà, ce n'est pas plus grave que ça. Mais je ne voudrais pas que les voyageurs du TGV soient dupés !

1 commentaire:

  1. Il n'est pas le seul, malheureusement, à penser cela. Souvent entendu, souvent reproché, il est difficile de parler au nom de toute une profession. Certains oui déforment totalement, d'autres retranscrives. A chacun après aussi d'assumer, tout comme l’interviewé.

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